Une pose soignée...
...par un pro ou un très bon bricoleur
Les fenêtres dites de réhabilitation sont conçues pour être posées sur le dormant de l'ancienne menuiserie, plus ou moins retravaillé. Pas de dégâts à l'intérieur ou à l'extérieur, donc pas de décoration a refaire. Gros inconvénient, le clair de vitre diminue sensiblement, et le dormant existant doit être en parfait état et d'aplomb. En fait, quand on remplace les fenêtres, la meilleure solution est d'enlever le dormant et d'opter pour des menuiseries neuves.
Avec le sur-mesure, vendu à peine plus cher que le standard, la dépose de l'ancien dormant peut s'effectuer proprement à la meuleuse d'angle, et seule la mise en place des pattes defixation réclame déjouer du burin, puis de replâtrer. En grosse rénovation, il est possible de remanier l'ouverture et le linteau pour créer des baies plus larges. Évidemment, il faut refaire la décoration de la pièce (qui prend, de toute façon, souvent un coup de vieux avec l'arrivée des nouvelles menuiseries).
La première opération est la prise de mesures. C'est là que même les pros font le plus d'erreurs : soyez présent. L'installation ne doit apporter aucune contrainte à la menuiserie et assurer son parfait aplomb (utilisez un niveau dans les deux sens en permanence). Le reste consiste à poser les bons joints aux bons endroits : joint de calfeutrement en compression sur l'appui, joint acrylique maçonnerie en cartouches à extruder surtout le tour de la fenêtre côté extérieur (qui ne dort pas servir de remplissage à cause de mauvaises dimensions, mais juste combler l'interstice entre la maçonnerie et la menuiserie).
Pour ceux qui voudraient réaliser cet ouvrage eux-mêmes, le CSTB a édité trois guides pratiques traitant de la mise en œuvre des menuiseries en bois, en aluminium et en PVC. Si le travail n'est pas bien fait, l'eau va entrer, et les moisissures apparaître. Les fiches de l'Agence qualité construction sont éloquentes en ce qui concerne les désordres et leurs causes, souvent dus à une pose pourtant "professionnelle". Il peut s'agir de l'inadaptation de la menuiserie à la maçonnerie de baie (dimensionnement inexact, faux aplomb...),d'une installation bâclée avec un mastic inadapté ou utilisé en cache-misère, ou obturant la "goutte d'eau" de la pièce d'appui... quand les menuiseries ne sont pas tout simplement malfixées.
Le blindage d'une porte de style
En matière de blindage, deux solutions se concurrencent : le remplacement de la porte entière par un bloc-porte neuf ou le renforcement de l'existant par un blindage intérieur.
Dans un cas comme dans l'autre, la certification A2P a son importance tant pour les serrures (de une à trois étoiles en fonction de la durée de résistance pour une effraction au tournevis, à la pince ou à la perceuse) que pour les blocs-portes neufs (BP1 à BP3 selon le temps de résistance aux coups de masse, au pied-de-biche...). Elle est délivrée par le Centre national de prévention et de protection (CNPP) sur la base de normes européennes. Une porte non certifiée cède en moins de 20 secondes, tandis qu'une porte blindée avec serrure A2P au meilleur niveau retarde l'entrée dans les lieux d'une quinzaine de minutes environ.
Le bloc-porte neuf, qui remplace l'ancienne porte côté encadrement et côté vantail, est préféré au blindage, la plupart du temps, dans le réseau Point fort Fichet - 250 agences en France - comme dans celui de Bricard - réseau certifié de 350 serruriers confiance. Cette installation demande seulement une demi-journée de travail, et offre les performances du neuf (thermiques, acoustiques).
Un large choix de blocs-portes et de multiples options.
Toute une palette de couleurs et de styles est proposée pour la face extérieure de la porte. Les portes palières en bois d'immeubles anciens peuvent donc se changer pour un bloc-porte neuf, de même que celles de bâtiments classés monuments historiques. Il n'y a guère que les modèles à deux panneaux hauts de 3,50 m des immeubles haussmanniens qui ne peuvent pas être remplacés par un bloc-porte neuf aux mesures standardisées. D'autre part, de nombreuses options existent : niveau de sécurité de la serrure, nombre de points d'ancrage, pack isophonique et thermique (étanchéité à l'air sur les quatre faces afin d'éviter les bruits de palier et le passage d'odeurs de cuisine...). Les blocs-portes Point fort Fichet sont certifiés au mieux A2P BP2 ; ceux de Bricard A2P BP1, à cause de leur serrure qui n'obtient, pour le moment, qu'une étoile.
Le blindage, une solution à retenir pour une porte à âme pleine.
De leur côté, certains serruriers indépendants préfèrent le blindage artisanal. En effet, le renforcement d'une porte existante nécessite du temps (une journée de main-d'œuvre), un bon niveau d'expertise, mais il coûte moins cher en fournitures que la pose d'un bloc-porte. Ainsi, Alain Carrore, serrurier multimarque agréé Bricard, met plutôt cette solution en avant dès lors que la porte est à âme pleine, et en bon état. Le blindage consiste alors à fixer sur sa surface intérieure des feuilles d'acier électrozingué de 15/10 mm d'épaisseur, avec des vis disposées en quinconce sur son pourtour selon un écartement de 150 à 200 mm les unes des autres. Lorsque la tôle est plate - d'une épaisseur minimale de 15/10 mm - et couvre juste la surface de l'ouvrant, on parle de blindage plat. Quand la feuille est repliée sur un côté, il s'agit de blindage simple pli : le pli recouvre le chant du vantail côté paumelles, son épaisseur doit être de 20/10 mm. Si la feuille repliée protège les deux chants du vantail, sur les deux côtés, on a affaire à un blindage doiible pli.
D'autres protections doivent compléter le blindage.
Ce dernier augmente la rigidité du vantail, ce qui n'interdit que le perçage du panneau. Il faut donc y ajouter des cornières antipinces et des profilés métalliques en forme de L fixés sur le pourtour du battant pour empêcher l'introduction d'un outil entre celui-ci et le chambranle ; une barre de seuil pour combler l'interstice entre le sol et le bas de la porte, et ainsi faire obstacle au soulèvement du panneau ou au sciage du pêne bas ; des paumelles, de préférence soudées à l'huisserie (ce qui implique qu'elle soit métallique, ou le renforcement de l'huisserie en bois par une armature métallique). Ces paumelles doivent être suffisamment solides pour supporter le poids de la porte, compte tenu du supplément apporté par le blindage (environ 30 kg). Il en faut quatre d'au moins 18 cm de long. Enfin, il est impératif de faire installer des protège-gonds, sortes d'ergots en acier fixés sur le chant de la porte qui viennent s'encastrer lors de la fermeture du battant dans une pièce femelle placée sur l'huisserie. Attention ! La pose de ces éléments n'est efficace que sur une huisserie en acier ou renforcée. Vissés sur une huisserie en bois, ils auront, au contraire, pour effet de fragiliser l'ensemble en favorisant l'éclatement du bois.
Se repérer dans les métiers
Le serrurier travaille les métaux ferreux (acier, inox...) et non ferreux (aluminium, cuivre...). Estimant que le mot "serrurier" sonne démodé, les organisations professionnelles cherchent à le remplacer par "metallier" plus susceptible d'attirer des jeunes vers ce métier, pensent-elles. Le premier niveau de qualification est le CAP de serrurier-métallier (niveau V), suivent le BP de serrurerie-métallerie (niveau IV) et le BTS de constructions métalliques (niveau III). La loi exige, depuis 1998, l'obtention d'un CAP pour diriger une entreprise de bâtiment.